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Terre des Tolawa : quand la création 3D donne vie à un monde spectaculaire

Derrière ces décors spectaculaires, Gatien, artiste 3D et responsable des vidéos du spectacle, et Jérémy, artiste 3D également, explorent de nouvelles possibilités visuelles grâce à un outil étonnant : une reproduction virtuelle du Parc-Expo de Saint-Etienne qui permet de tester le spectacle avant même son installation.

Découvrez les coulisses de la création vidéo

Comment les équipes préparent-elles les images ? Quelles innovations sont utilisées cette année ? Comment la maquette 3D permet-elle d'anticiper le rendu du spectacle ? Découvrez le témoignage de Gatien et Jérémy, et plongez dans les coulisses de la création vidéo de Terre des Tolawas.

Mégalis : une cité moderne aux couleurs de l'oppression

Du béton, du métal, des architectures modernes et des couleurs éclatantes : Mégalis impose immédiatement son identité visuelle.

Cette cité spectaculaire attire le regard par ses dimensions, ses formes et son esthétique contemporaine. Pourtant, derrière cette apparence colorée se cache une atmosphère oppressante. L'univers visuel doit faire ressentir cette contradiction : une ville fascinante à observer, mais dont l'ambiance et la musique évoquent la contrainte.

Pour les artistes 3D, le défi ne consiste donc pas simplement à créer une ville moderne. Il s'agit de construire un environnement qui raconte quelque chose, où chaque choix graphique participe à l'atmosphère générale.

Les volumes architecturaux, les perspectives, les couleurs et les matériaux contribuent à façonner cette identité. Le béton et le métal structurent l'espace, tandis que les couleurs renforcent son caractère spectaculaire.

Mégalis doit impressionner autant qu'elle doit déranger. C'est dans cette opposition entre une esthétique séduisante et une atmosphère oppressante que réside toute la singularité de cet univers.

Terre des Tolawas : une immersion au cœur de la nature

Face à Mégalis, la Terre des Tolawas propose un tout autre paysage.

Ici, les architectures urbaines laissent place à une nature omniprésente. La forêt, la rivière et les grandes plaines composent les éléments essentiels de cet univers, qui s'inscrit dans un rapport radicalement différent à l'environnement.

Les perspectives s'ouvrent, les paysages prennent de l'ampleur et la nature devient un acteur à part entière du spectacle.

La création 3D doit restituer cette sensation d'espace et donner aux spectateurs l'impression de pénétrer dans un monde vivant. Les paysages ne sont pas de simples arrière-plans : ils participent à l'identité du peuple qui y évolue et à l'atmosphère des scènes.

Le contraste avec Mégalis est fondamental. Là où la cité moderne se distingue par le béton, le métal et une architecture imposante, la Terre des Tolawas se caractérise par la présence de végétaux, de l'eau et des grands espaces.

Deux mondes, deux esthétiques, deux atmosphères : la création numérique permet de matérialiser cette opposition et de faire voyager le spectateur de l'un à l'autre.

Un écran géant de 65 mètres et des projections sur des jets d'eau

Pour donner vie à ces deux univers, le dispositif vidéo du spectacle prend cette année une dimension exceptionnelle.

Comme l'année dernière, l'écran principal mesurera 65 mètres de long sur 8 mètres de haut. Une surface monumentale qui offre aux créateurs un vaste espace d'expression, mais qui exige aussi une préparation minutieuse des images.

Jérémy, qui participe à la création des vidéos avec Gatien, explique que l'une des nouveautés de cette édition réside dans l'utilisation de jets d'eau sur lesquels seront projetées des images en transparence. Une nouveauté inédite car habituellement ce sont des dispositifs utilisés en extérieur comme à Disneyland ou au Puy du Fou.

Ce dispositif ouvre de nouvelles perspectives artistiques. Les images ne se limitent plus à la surface de l'écran : elles investissent également l'espace, jouent avec la transparence de l'eau et viennent enrichir la scénographie.

La projection devient un élément du décor à part entière. Elle permet d'imaginer des effets visuels qui renforcent l'immersion et donnent une nouvelle dimension aux scènes.

Mais travailler sur un écran de 65 mètres de long ne s'improvise pas. Les images doivent être conçues pour fonctionner à cette échelle, conserver leur lisibilité et s'intégrer harmonieusement à l'ensemble du spectacle.

C'est précisément là que la création 3D révèle toute son utilité.

Des acteurs filmés sur fond bleu pour faire vivre les décors

Depuis le spectacle "L'ombre de la corneille" en 2025, les équipes utilisent également une autre technique pour enrichir les univers visuels : le tournage d'acteurs sur fond bleu, afin de les intégrer directement dans les séquences projetées.

Le principe consiste à filmer les interprètes séparément, puis à les incruster dans les décors numériques.

L'objectif est notamment de donner vie au village et à son environnement. Plutôt que de montrer un décor immobile et désert, les images peuvent faire apparaître des personnages, des mouvements et des scènes de vie.

Ces incrustations créent un prolongement entre ce qui se déroule sur scène et ce que le public découvre sur l'écran. Les acteurs filmés contribuent à donner de la profondeur aux décors et à rendre les univers plus vivants.

Comme l'explique Jérémy dans son témoignage, il s'agit de faire en sorte que le spectateur ne sache plus nécessairement si certains personnages sont présents sur scène ou apparaissent dans les images.

Cette complémentarité entre les interprètes réels et les personnages filmés permet d'enrichir des scènes déjà très visuelles et de renforcer le sentiment d'immersion.

La vidéo ne sert plus seulement à montrer un décor : elle lui donne une vie, une profondeur et une continuité avec l'action scénique.

Gatien et Jérémy : la création vidéo au service du spectacle

Derrière ces images se trouve un travail artistique et technique qui mobilise plusieurs compétences.

Gatien, artiste 3D et responsable des vidéos du spectacle, participe à la conception de cet univers numérique. À ses côtés, Jérémy apporte aussi son savoir-faire à la création des séquences vidéo et à leur préparation.

Leur travail consiste à transformer les intentions artistiques en images concrètes, tout en tenant compte des dimensions du lieu, des contraintes de projection et de la mise en scène.

Il faut concevoir les décors, préparer les séquences, intégrer les acteurs filmés et anticiper le rendu final sur l'écran géant. Chaque élément doit trouver sa place dans un ensemble cohérent, capable de servir l'histoire.

Cette création se construit dans un dialogue constant avec le metteur en scène. Les outils numériques offrent de nouvelles possibilités, mais chaque choix doit être pensé en fonction de ce que verra réellement le public.

Et pour préparer ce résultat, Gatien a mis en place un outil particulièrement précieux.

Le Parc-Expo recréé en 3D : un spectacle que l'on peut explorer avant sa création

Comment vérifier le rendu d'une image destinée à un écran de 65 mètres de long lorsqu'on travaille sur un moniteur d'ordinateur ?

C'est l'une des difficultés que permet de résoudre la maquette 3D conçue par Gatien.

Le Parc-Expo est entièrement reproduit dans un environnement numérique. Cette version virtuelle permet aux équipes d'intégrer leurs créations et de visualiser le spectacle dans une représentation du lieu où il sera présenté.

Mais cette maquette ne sert pas uniquement à observer les décors. Elle permet aussi de se déplacer dans la salle et de regarder le résultat depuis différents emplacements.

Les artistes 3D et le metteur en scène peuvent se positionner virtuellement sur n'importe quel siège de la tribune pour observer les images comme le ferait un spectateur.

Cette fonctionnalité change la manière de préparer les séquences.

Une image peut sembler parfaitement équilibrée lorsqu'on la regarde de face, mais produire un effet différent depuis les côtés ou les rangées les plus éloignées. Certains détails peuvent perdre en lisibilité, tandis que les perspectives et les proportions peuvent être perçues différemment selon la position dans la salle.

Grâce à cette reproduction numérique du Parc-Expo, les équipes peuvent tester leurs créations en amont, vérifier les angles de vision et ajuster les images avant leur projection dans les conditions réelles.

Le metteur en scène peut lui aussi explorer les différents points de vue, évaluer le rendu des décors et affiner ses choix artistiques.

La 3D devient ainsi un véritable outil de préparation du spectacle vivant : elle permet d'anticiper, d'expérimenter et de prendre des décisions avant même l'installation physique.

Des mois de travail et un terrain de jeu exceptionnel

Entre septembre et décembre, la préparation du spectacle mobilise les équipes au quotidien. Derrière chaque séquence diffusée se cachent des heures de conception et de travail, dont le public ne perçoit finalement que le résultat.

Chaque nouvelle édition apporte également son lot de défis. Les univers changent, les thèmes se renouvellent et les possibilités technologiques ouvrent de nouvelles pistes à explorer.

Pour les créateurs, cette diversité constitue une véritable source de motivation. Elle leur permet d'expérimenter, d'apprendre et d'imaginer de nouvelles façons de faire dialoguer les images avec le spectacle vivant.

Avec Terre des Tolawas, la création 3D et vidéo joue un rôle essentiel dans la construction des univers du spectacle.